Journal de confinement #4

Il n'a pas a fallu attendre de pandémie mondiale pour que je sois en colère contre les politiques qui ont démonté, brique après brique, nos systèmes de santé, d'éducation, de solidarité.

Evidemment cette colère est particulièrement à vif en ce moment.

Mais alors le truc qui m'agace au plus haut point c'est de voir des gens, qui ont probablement voté avec enthousiasme pour les dits politiques, se mettre à la fenêtre tous les soirs à 20 h et applaudir. Fascinante étude massive de dissonance cognitive, et malheureusement peu de probabilité que cet épisode change d'un iota le résultat de leur prochain vote[1]. Y dit qu'il a pas compris le rapport.

Dans mon quartier, le rendez-vous de 20 heures a été "légèrement" hacké.

A l'heure pile, retentissent du balcon d'un voisin trois coups de sirène. Puis un set de trois chansons. C'est tellement fort qu'on doit l'entendre bien au-delà des limites de notre quartier.

Et partout autour derrière les fenêtres ou sur les balcons, les gens chantent et dansent, le temps de ces trois chansons.

Puis 4 coups de sirène et retour au silence.

C'est impressionnant un quartier de 20 000 personnes silencieux et ce rendez-vous quotidien est un contraste saisissant au reste de la journée.

Et d'une certaine façon ce détournement me réconcilie un peu avec le rendez-vous de 20 heures. Ça ressemble plus à un hymne à la vie qui est toujours là, à l'énergie brute derrière les fenêtres prête à jaillir dès que les portes rouvriront.

Note

[1] Si on a toujours le droit de voter en sortant.

Billet original sur Sacrip'anne

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