La dernière nuit

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La dernière journée de l'année 2016 aura été riche et fertile en péripéties. 


J'ai oublié que j'étais invitée à une "Hanouccah Party" chez l'amie qui  a une passion pour cette fête et qui m'invite tous les ans (comment est-ce qu'on oublie une invitation qu'on a tous les ans ? ne me demandez pas, je suppose que je n'avais pas du tout envie d'y aller, et que j'ai trouvé plus facile d'oublier plutôt que d'avoir à la prévenir que je ne venais pas).

J'ai rencontré les nouveaux voisins qui ont emménagé il y a peut-être une ou deux semaines, je ne m'en étais même pas aperçu tant ils ont été discrets : ils ne parlent pas anglais et sont très âgés. C'est leur fille qui se garait presque devant mon garage au moment où je l'ouvrais, qui s'excuse très gentiment, et bien sûr je remarque immédiatement son physique typique et son très léger accent : elle, de même, me demande si je suis française, je lui demande si elle est russe, nous tombons dans les bras l'une de l'autre, et après qu'elle m'a complimenté sur la qualité de mon russe (j'ai pratiquement tout oublié, mais les quelques phrases que je débite sont impeccables), nous voilà rassurées pour l'année qui va démarrer : le hasard fait bien les choses, si ses parents ont un problème, il y aura une voisine qui pourra interpréter pour eux en attendant qu'elle arrive. 

A l'heure où j'aurais dû être à la party manquée mais qui ne m'a pas manqué, je suis allée rejoindre les amis qui avaient décidé qu'on protesterait publiquement contre les actes de vandalisme antisémite - de nouveau des croix gammées peintes sur des agrès, cette fois-ci dans la cour de l'école élémentaire de notre village - en allumant nos chandeliers sur place : il faisait un froid de loup, et le vent n'a pas laissé les petites bougies s'allumer très longtemps, juste le temps d'un joli cliché qui servira de mémoire pour un moment chaleureux et authentique de ce qui fait notre communauté, sa richesse et sa sincérité : les nombreux voisins qui sont venus par solidarité un jour de Saint-Sylvestre dans le froid ont certainement mérité les délicieux beignets-maison qu'un des participants avait apportés. 

Cela résume parfaitement l'histoire juive de toutes nos fêtes et commémorations : "on a voulu nous exterminer, on a gagné, et maintenant à table ! "

Les trois-cent-soixante-six petits bonheurs ont été atteints. Je tâcherai de me les rappeler si je dois jamais faire la récapitulation de cette sacrée année 2016, une année difficile en diable, que j'entends beaucoup dire qu'ils sont contents qu'elle s'achève. Comme si de tourner la page du calendrier allait y changer quoi que ce soit, mais on aime tous les symboliques quelles qu'elles soient, alors pourquoi pas ? Vous qui me lisez demain, je vous souhaite de tout mon coeur une bonne et heureuse année 2017, qu'elle vous apporte joie et santé, espoir, et lumière.

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Billet original sur Un jour @ la fois

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