Quarante-deux

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En ce moment, je réfléchis autant que je peux à mes projets pour l'année à venir. 

Ca inclue mon blog bien entendu. Bien que l'on soit à un peu plus de trois semaines de la fin de l'année civile, je me dis que j'ai réussi le défi du billet quotidien des "petits bonheurs" ou bonheur du jour avec brio, et ça me remplit de fierté.

Je ne suis pas la seule, on aura été plusieurs à vaillamment nous éclater d'un billet par jour - voire plus pour les plus fanatiques de mes amis blogueurs - et pourtant la blogosphère n'est vraiment plus ce qu'elle était, la faute à ces plate-formes algorithmées qui nous ont phagocytés les uns et les autres, j'ai nommé Instagram, Facebook et Twitter : je me surprends à ne plus du tout goûter m'y promener quand j'ai envie de prendre les nouvelles des potes, parce que c'est un fouillis de liens à cliquer et plus du tout des narrations qui donnent la moindre idée de ce dont il est question dans les quelques signes visibles. En d'autres termes, c'est devenu pour moi de la bouillie pour les chats. Et je n'ai rien contre les chats, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. 

Du coup, je me réfugie de plus en plus dans mon propre univers. Il y a mon grand cahier, mes carnets et les milliers de pattes de mouche dont je noircis toute surface de papier recyclé qui peut me tomber sous la main. Au moins, ce fouillis là n'est pas donné à voir à quiconque.

Je me sens essentiellement déconnectée.

Je ne veux pas attribuer ça à autre chose que mon état mental, pour être très franche, parce que dès que j'essaye de reprendre contact, je me heurte à une sorte de déception, comme si rebrancher deux fils faisaient péter un plomb et qu'il fallait recommencer le branchement pendant un temps indéfini. 

Entre le fouillis en ligne, et le fouillis dans ma tête, et le fouillis sur mes feuilles de papier, je dois retrouver un peu de clarté. 

Chasser les nuages - et bientôt chasser la nuit - chasser les idées noires (j'y passe déjà tellement de temps, et y brûle beaucoup d'énergie, mais ça aussi, ça me rend surtout fière de moi !). Et revenir avec des idées claires, un plan, un projet qui tienne la route, et l'intention qui va avec. 

Evidemment, cette année de billets n'aura pas contribué à alléger l'amas de mots alignés en désordre. Je sais bien que je suis partie dans tous les sens et sans autre ligne directrice que de publier quoi qu'il advienne, et cela a suffit à chaque fois à me donner la pêche; au sens propre, rechercher et trouver toujours un rayon de soleil, une gratitude, un amusement, un réconfort, un élan et une bouffée d'enthousiasme, tous ces éléments pris un à un ou mis ensemble constituant finalement un grand petit bonheur malgré le côté brouillon et si peu travaillé d'un produit jamais fini. 

N'est-ce pas le sens de la vie, au fond ? 

Billet original sur Un jour @ la fois

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