Bête noire

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Ca a démarré avec l'alerte météo pour la nuit. Ca a nécessité le coup de fil inévitable au petit matin, un peu trop tôt à mon goût quand il est à peine cinq heures moins dix (il faut bien qu'on puisse se débrouiller pour la garde des enfants si on n'est pas comme moi employé à domicile) pour annoncer que les ramassages scolaires passeraient avec deux heures de retard pour être sûrs que les routes seraient dégagées et surtout moins glissantes. 

Je ne me suis bêtement dit que je me rendormirais bien pour une petite heure, c'était sans compter sur la torpeur délicieuse de ces matins calmes et enneigés, et j'ai sombré dans des sommes interrompus par la sonnerie du réveil qui n'a cure de mes paresses et s'entête à se répéter toutes les huit minutes tant que je ne lui donne pas le coup d'ongle de grâce (c'est un mécanisme usé par les ans et il lui faut une précision de personne très éveillée pour fonctionner, ça a des avantages et des inconvénients, n'est-ce pas). 

Du coup, quand il n'était plus temps de musarder plus, le soleil se levait lui aussi, la neige s'était déplacée vers l'est, et la pluie un peu verglacée cédait déjà la place grâce à la température prévue remonter rapidement. 

J'ai été de mauvais poil toute la journée.

Pas à cause du temps, pas vraiment à cause de la courte nuit de sommeil, mais parce que dès l'ouverture des heures de bureau, j'étais déjà sollicitée par une enquiquineuse que je savais très bien qu'elle se manifesterait, mais je ne pensais pas déjà si tôt : la collègue qui avait l'habitude de couvrir ses manques et son incompétence crasse ayant donné congé définitif vendredi dernier (ou plutôt ayant été poussée à partir par manque de reconnaissance par une administration ingrate et très mal avisée), je me doutais que la tâche incombant à celle qui restait allait vite la dépasser. 

Mais j'avais sous-estimé l'ampleur du poil dans la main de la dite enquiquineuse, qui a tellement l'habitude d'embobiner tout le monde qu'elle n'a même pas cherché à se dépanner toute seule, prétendant que puisque je suis l'experte en la matière, il suffit de me demander de tout réparer "ce qui ne marche pas" quand on a merdoyé : sauf que je ne suis pas la hotline de service et que j'avais d'autres choses à faire.

En général, quand on a un pépin urgent, ça motive pour essayer de mettre les mains dans le cambouis. Mais pas mon enquiquineuse, qui, à mon retour de courses en ville avait laissé trois messages téléphoniques, de quoi prendre pitié (surtout de moi, à l'idée que le téléphone allait de nouveau sonner et que cette fois-ci, je serais à portée d'oreille). 

Elle a réussi à me gâcher la première journée de décembre enneigé. J'aurai ma revanche, j'espère : elle s'est faite une ennemie redoutable. 

Billet original sur Un jour @ la fois

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