Gelées blanches

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C'est tout à fait de saison, je ne vais quand même pas me plaindre. Nous sommes équipés, et à cette époque de l'année, sentir l'hiver et le froid piquant du petit matin n'est ni déplaisant ni étonnant. 

J'ai l'humeur en alerte cependant. 

Sans doute pour ne pas me faire prendre de court, je traque les moindres bonnes raisons à m'octroyer les excuses pour être recroquevillée. Moralement, j'entends. Je sens ce pincement intérieur qui s'installerait si je n'y prenais pas garde. 

C'est insidieux. Les petites contrariétés qui s'accumulent. Les mécontentements qui ne s'avouent pas. Les déceptions qui s'additionnent les unes aux autres. Les envies d'envoyer promener ou critiquer ou râler. 

Alors, vite, sautiller sur place en chantonnant, se faire des sourires dans la glace, humer l'air par les narines et emplir les poumons tout en dégagant les épaules pour ne pas qu'elles supportent la misère du monde, éteindre la radio qui ne parle que d'une seule et unique chose comme si la planète entière s'y intéressait vraiment, sérieusement. Passer à autre chose et passer l'aspirateur. 

Où que je me tourne, je peux prendre tout et son contraire. En faire un jeu jusqu'à ce que mon humeur s'allège un peu et que je me réchauffe à mon tour. Pendant l'hiver qui est toujours trop long pour moi, il y a beaucoup d'activités souterraines, alors je ne vais pas m'en tenir à la surface des choses, n'est-ce pas !

Billet original sur Un jour @ la fois

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