Le jour d'avant

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Il y a quatre ans, ce jour, il neigeait.

C'était neuf jours après que l'ouragan Sandy avait ravagé la côte Est.

La réélection de Barack Obama avait marqué un certain soulagement. Tout comme le rétablissement de l'électricité chez nous après plus d'une semaine sans courant, juste à temps pour la tempête de neige.

Les élections présidentielles se jouent toujours à très peu de choses.

Le scrutin indirect a cet effet, initialement conçu comme tel par les pères fondateurs, mais qui avec le temps, et l'évolution des problèmes politiques aujourd'hui, la globalisation et les révolutions qui sont les nôtres, n'a plus la possibilité de représenter une démocratie paisible.

Aujourd'hui et demain le soleil est au rendez-vous même s'il gèle. 

Demain, chaque vote comptera, mais pas mécaniquement : si les électeurs ne se déplacent pas, par manque d'enthousiasme pour voter pour Hillary Clinton, les chances que son opposant gagne sont intactes. Si l'électorat se déclare pour elle, il faudra aussi qu'il vote pour le parti Démocrate en masse sur le bulletin, pour permettre un renversement de pouvoir au Congrès. Sinon, nous assisterons de nouveau à un cirque tyrannique et puéril de Républicains élus pour faire la pire obstruction qui soit. 

C'est comme si pendant toute une journée, nous allions tous suspendre notre souffle, et suivre les événements qui nous seront rapportés. Comme s'il y allait y avoir un grand black-out sur le reste de la terre, parce qu'aucune information ne serait perceptible en dehors de ce grand thème très nombriliste, mais qui somme toute, aura des répercussions universelles, quel que soit le résultat. 

Ce sont ces répercussions auxquelles je pense sans pouvoir les nommer tant que je n'ai pas à les ressentir. 

Ce soir, la campagne démocrate était réunie à Philadelphie, là où les pères fondateurs ont déclaré la Constitution des Etats-Unis en 1787, acceptée à l'époque par treize Etats fédérés. A la tribune, il y avait l'ancien Président Bill Clinton, qui a fait l'introduction de l'actuelle Première Dame Michelle Obama, somptueuse, qui a à son tour présenté son mari, l'actuel Président des Etats Unis, le 44ème de l'Union et le premier Président Noir Américain, qui a fait le panégyrique de celle qui devrait pouvoir continuer le travail qu'il a essayé d'accomplir pendant ses deux mandats, et fait notamment appel au vote noir qui est loin de lui être acquis. 

Difficile de penser à autre chose, ici, qu'aux élections de ce mardi 8 novembre 2016. Je n'ai pas beaucoup blogué sur la campagne parce que vraiment, elle aura été immonde, mais comme quelqu'un l'a crié dans la foule ce soir quand Hillary Clinton y a fait allusion, ce n'était vraiment pas de sa faute. 

Quoi qu'il advienne, mercredi matin, une moitié de la population aura du mal avec ce qui se sera passé avant, et nous aurons tous à trouver le courage et le coeur à travailler à déblayer les dégâts et les ravages de cette campagne. 

Billet original sur Un jour @ la fois

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