Tous les jours

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© gl0be_trotter | Instagram

Bloguer tous les jours, cette année, m'a apporté de nouveaux défis, et aussi de nouveaux enseignements, dont je voudrais faire part, mais pour beaucoup de mes lecteurs assidus, ce billet semblera sans doute superflu. 

C'est surtout pour les lecteurs intermittents qui atterrissent sur mon blog par le biais des recherches, sur les mots-clés. 

Parce que "Un jour @ la fois" est toujours dans le même état de bazar sympathique, mais les blogs ont changé depuis leurs débuts.

Chaque blog se consacre essentiellement à une thématique. Le mien, bof. Je parle en vrac de tout ce qui me passe par la tête. Je suis épatée que ça vous intéresse autant en fait.
Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, je comprends, pour ceux qui me découvrent aujourd'hui, ce n'est pas par le hasard d'une requête sur Google que vous vous attardez, mais parce que vous m'avez rencontrée ailleurs ! 

Les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest, Tumblr, pour ne citer que ceux qui me rapportent du passage sur ces billets) vous donnent suffisamment envie de venir me rendre cette petite visite : je suis ravie de vous recevoir chez moi ! j'espère toujours que vous reviendrez, même si je ne sais pas toujours ce qui vous aura plu ou déplu, et j'essaye de faire de mon mieux pour que ce ne soit pas trop en désordre quand vous arrivez, alors, oui, bloguer tous les jours, cette année, j'ai absolument voulu qu'il y ait toujours une photo pour vous recevoir ! 

La photo, c'est pour compenser l'absence de design sur mon blogue. Je sais que c'est mon point faible, je suis tout entière dans ma tête, avec mes mots, une cérébrale dit-on de moi, à juste titre. Mais ce n'est pas un vrai compliment, je ne m'y trompe pas. 

Donc, je résume, côté thématiques, ce blog, c'est le foutoir. Côté design, ce blog, c'est un peu le néant. 

Alors, le contenu, oui, je sais ! le contenu. On se tue à répéter qu'un blogue sans contenu, c'est comme un fast-food, des calories vides en pagaille. Mais, un blog fast-food, de nos jours, attire beaucoup plus de public, que les petits restaurants de qualité où le repas sera servi sur une nappe damassée ou pas.

Pendant des années, me suis-je seulement préoccupée d'avoir du public ? non, bien sûr ! cela ne vous a pas empêchés de venir en nombres, mais je ne vous ai pas fidélisés, je le vois bien, vous venez, et puis repartez, et je ne fais même pas tant attention à pourquoi ni comment, parce que je suis ravie d'avoir ma troupe de fidèles, que je sais où retrouver, si jamais ils s'éloignaient trop longtemps, et si jamais il me prenait l'envie de vérifier qu'ils ont vraiment suivi mes tribulations. 

Maintenir un "vrai" blog, aujourd'hui, c'est devenu une grosse activité, très sérieuse, pas une activité d'amateur, comme c'était le cas aux tout-débuts, quand nous nous lancions dans la bloguerie comme une forme de journal extime. Les réseaux sociaux n'existaient pas, on faisait connaissance grâce à la prose au kilomètre que les uns et les autres proposaient, et on se découvrait en cliquant de lien en lien, grâce à nos blogrolls, grâce à nos jeux de blogosphère, grâce à nos rencontres sur des sujets qui nous passionnaient, qui nous liaient à cause de cette passion, que l'on pouvait se découvrir de commune, malgré l'éloignement par ailleurs, qu'il soit géographique ou générationnel, qu'il soit politique ou socio-économique, qu'il soit culturel ou religieux. 

Ces premiers adoptants des blogs sont notamment restés fidèles les uns aux autres, et se retrouvent souvent au gré des nouveaux medias, comme des tribus constituées au même titre que les anciens élèves d'un lycée, les anciens combattants d'une même guerre, les anciens d'une même promo, et parfois les cousins au énième degré d'une lignée qui finissent par se reconnaître dans une généalogie. 

Il y a des entrecroisements. 

Les uns sont devenus particulièrement actifs dans des domaines qui les auront éloignés de l'écriture journalière. D'autres auront développé des activités nées sur leur blogs justement et auront transformé ceux-là en accessoires de leur activité, professionalisant leur savoir-faire numérique. 

"Un jour @ la fois" est resté vieillot à ce niveau. Je fais partie de ceux qui auront sauté dans la révolution numérique avec bonheur parce qu'elle m'a permis de survivre économiquement dans le Nouveau-Monde où j'ai été transposée malgré moi. Si je mettais Paris en bouteille et essayais d'imaginer ce qu'il serait advenu de moi et de ma profession si j'étais restée vivre à Paris, je ne suis pas sûre que je me serais jamais définie comme une blogueuse professionnelle un jour. Probablement pas. 

Au début de cette année, je crois vous avoir parlé d'un projet de site né de la disparition inopportune du site de l'autisme de M. Ziti. Or, je n'ai absolument pas eu le temps de mener à bien ce projet supplémentaire qui est resté au point mort de chez mort. Certains visiteurs du site, au moment de l'annonce que j'en avais faite, ont eu la gentillesse de s'abonner, et ils ont reçu en prime, l'abonnement à ce blogue-ci, ce qui n'était pas prévu (mais que voulez-vous, parfois la technologie et moi, ça fait vraiment plus de deux ! et j'apprends de mes erreurs, même si ce sont mes lecteurs qui en font, en quelque sorte, les frais). Je dois dire que la plupart d'entre vous êtes restés abonnés, ce qui m'a fait extrêmement plaisir (et non, je n'en veux absolument pas à quiconque quand il ou elle se désabonne, c'est le but d'un abonnement de donner toute latitude !! surtout quand il est gratuit). 

Donc, j'ai aussi appris cette année, que plus on a des idées dans tous les sens, de l'enthousiasme à revendre, plus il faut prendre le temps de planifier correctement. 

Personnellement, c'est un gros effort. Qui me demande de me concentrer, et dans le type de vie que je mène, la concentration est une denrée que je n'ai plus dans mes placards depuis bien trop longtemps ! 

Cependant, j'ai l'intention de m'y consacrer. A la concentration. Au design. A la présentation de mes billets parfois fleuve indigestes à la lecture (ne me dites pas le contraire ! même moi, quand je me relis, je me fustige de n'avoir jamais mis de chapeau et d'intertitres dans ces vieux articles que j'avais oubliés que j'avais écrit et qui ne me disent plus rien du tout ! je les redécouvre, mais les trouve parfaitement illisibles à l'aune de la distractibilité qui est la nôtre aujourd'hui, où l'oeil scanne avant que le cerveau ou le coeur ne saute de joie à l'intérêt ou la beauté du contenu offert...)

J'ai donc bien du pain sur la planche pour la prochaine année de bloguage ... A l'heure de grands changements, je ne vais pas me lancer dans la réinvention de la roue, moi qui suis si casanière de toutes manières, mais je vois tout de même de nouvelles aventures se profiler pour mes petites maisons digitales. 

 

Billet original sur Un jour @ la fois

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