L'essentiel

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ner tamid - la lampe perpétuelle

 

Parfois, l'essentiel, ce sont ces petits bonheurs, ces billets quotidiens. 

Quand les journées sont tellement chargées qu'ils sont repoussés à cause des trop nombreuses obligations de l'emploi du temps. Que le petit matin qui est pourtant le temps qui est censé les accueillir (c'était l'intention première, mais très honnêtement, je ne me souviens même plus de la dernière fois où je me suis tenue à ma règle cardinale !) est si loin derrière que je ne me souviendrais même plus de la liste sans fin des choses accomplies pourtant.

Quand l'essentiel, c'est d'avoir la satisfaction de ne pas avoir recherché la perfection nulle part, mais avant tout d'être dans l'instant présent à chaque instant justement, sans chercher à s'en défaire, par la distraction, ou la colère, ou la frustration.

Quand l'essentiel, ce n'est pas de chercher à tout prix à tout retenir ou tout répertorier (mais quand même d'être vaguement inquiète d'avoir surbooké parce que j'ai l'impression qu'il y avait quelque chose que j'ai oublié d'enregistrer et que j'ai pris un engagement le même jour, et que ça va me poursuivre jusqu'à ce que je retrouve à qui j'ai bien pu promettre quelque chose dont il faudra me dégager) ni à tout lister, de peur qu'un jour ce soit perdu parce que le temps nous échappe si vite ces jours-ci avec l'âge qui vient tout relativiser et aussi rendre si précieux la conservation des souvenirs. 

Souvent l'essentiel, c'est ce bien-être, si rare, si éphémère, si intense pour cela, qui se fait remarquer par la sensation d'être ancrée, d'être solide et non pas éthérée, d'être au chaud et non pas contractée, d'être d'accord avec ce qui n'est pas soi comme s'il y avait enfin une bonne distance, ni trop près, ni trop loin, ni trop, ni trop peu, ni pas assez...

Aujourd'hui, à la fin de ma journée bien remplie, j'ai repris le chemin que je n'avais plus emprunté depuis au moins février dernier, pour rejoindre un minyan pour pouvoir accomplir une mitzvah, un commandement venu de loin et venu de très près en même temps, à l'intérieur de ce qui ne s'explique pas bien en mots. Même sans détails et sans mots, l'essentiel, c'est cette sensation qu'un devoir est en réalité un bienfait, qu'un accomplissement a vraiment eu lieu même s'il ne se mesure pas à mon échelle.

 

Le Kaddish des endeuillés 

 

Billet original sur Un jour @ la fois

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