Emballements

cut_pine.jpg
 

Par deux fois aujourd'hui, alors que je parlais de personnes dont l'âme est très puissante, le courant a sauté, et j'ai perdu les textes que j'étais en train de rédiger à l'écran.

Je ne sais pas trop comment penser ces coïncidences. 

J'ai déjà oublié comment j'avais construit le texte au sujet de l'emballement, combinant celui du temps avec celui de l'excitation de M. Ziti qui perçoit lui aussi des choses que je ne peux pas sentir autrement que confusément, quand elles lui sont si claires et si puissantes. 

Je sais que je parlais de ça et que j'allais dire que notre rabbin vit ses derniers moments, peut-être ses dernières heures, dans le calme et l'intimité familiale, et nous qui ne sommes pas dans son cercle devons seulement nous préparer à apprendre une terrible nouvelle, qui ne sera pas nouvelle.

Comme à chaque événement annoncé, il y a dans l'anticipation plus d'angoisse et de paralysie que lorsque surviendra le temps où il faudra avancer non plus en pensée, mais en émotions. 

Pendant ce temps, l'emballement médiatique de la campagne présidentielle US a de quoi mouliner, avec les documents qui n'en finissent plus de sortir sur l'ignominieux et le scandaleux, sur l'abject que l'on connaissait pourtant, mais qui désormais rejaillit tellement sur tout le parti Républicain que la boue devient difficile à détacher : entre les déclarations racistes qui pleuvent depuis plus d'un an quotidiennement, le comportement sexiste, misogyne et franchement machiste qui est devenu intolérable, et à la veille du second débat qui sera cette fois-ci sous la forme d'un forum public avec participants qui poseront des questions aux candidats, il y a de quoi - ne pas - se sentir emballés du tout. 

Parce qu'il ne faut pas s'y tromper : la boue dégueulasse qui émane de Trump salit tout sur son passage. Les opposants à Hillary Clinton sont déchaînés et cela laissera des traces. Parce que la mise en lumière des aberrations violentes d'un narcissique du calibre de Donald Trump prend de l'ampleur prévisible et s'accélère à l'approche de l'élection, le niveau d'angoisse monte proportionnellement et agite aussi les esprits qui sont marqués par des traumatismes propres, que les thèmes remués réveillent forcément. 

Et c'est très dérangeant d'être au milieu de ces ouragans-là. 

J'essayerai de me faire roseau, pour ne pas me faire déraciner dans la tourmente. 

Billet original sur Un jour @ la fois

Haut de page